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Écrit par Alex Ren

Mis à jour le 20 min de lecture

Comment dormir avec une douleur cervicale : la position compte moins que la durée d’immobilité

Résumé rapide Dors sur le côté ou sur le dos, l’oreille, l’épaule et la hanche alignées, avec un oreiller qui comble juste l’espace entre la tête et le matelas, sans pousser la tête au-delà de l’horizontale. C’est la réponse habituelle, elle a du sens, et toutes les pages sur le sujet t’en donnent une version. Ce qu’aucune ne dit, c’est ce qu’on a découvert en filmant vraiment des gens pendant leur sommeil : ceux qui se réveillaient avec la nuque raide ne dormaient pas différemment des autres. Ils restaient simplement deux fois plus longtemps immobiles dans une position inconfortable. La position n’est qu’une petite moitié de l’histoire. L’immobilité est l’autre, la plus grande.

Un lit vide et défait aux premières lueurs du jour, un oreiller qui garde encore le creux profond laissé par une tête, une serviette roulée sur le drap, et un verre d’eau à côté d’une paire de lunettes pliées sur la table de chevet

En bref : sur le côté ou sur le dos, la nuque alignée avec la colonne, et un oreiller choisi selon l’espace qu’il doit combler plutôt que selon sa matière. Vient ensuite la partie qui compte le plus, et que personne ne vend : ce qui prédit un réveil avec la nuque raide, ce sont de longues périodes sans bouger dans une position chargée, la nuit comme le jour. C’est pourquoi la solution est rarement un achat, et pourquoi une nuque qui fait mal à 3 h du matin se plaint en général de quelque chose qui s’est passé à 15 h.

Comment dormir avec une douleur cervicale ce soir#

Si tu es arrivé ici à minuit avec une nuque qui refuse de se calmer, commence par ça. Ça ne coûte rien, et ça n’utilise que ce que tu as déjà chez toi.

  • Dors sur le côté ou sur le dos, pas sur le ventre. Dormir face contre le matelas maintient la nuque tournée près de sa limite de rotation pendant des heures, la seule position qu’aucun argument ne défend vraiment. C’est aussi l’habitude la plus difficile à changer volontairement, alors traite ça comme une direction à prendre plutôt que comme une règle à respecter dès ce soir.
  • Choisis l’oreiller selon l’espace à combler, pas selon l’étiquette. Sur le côté, l’espace entre l’oreille et le matelas correspond à peu près à la largeur de l’épaule : l’oreiller doit donc être assez épais pour garder le nez aligné avec le sternum. Sur le dos, ce même espace est bien plus petit, donc le même oreiller pousse le menton vers la poitrine. Position différente, hauteur différente.
  • Comble le creux sous la nuque. Roule une petite serviette en boudin, à peu près de l’épaisseur du poignet, et glisse-la dans le bas de la taie d’oreiller, pour qu’elle se place sous la courbe de la nuque plutôt que sous le crâne. C’est l’astuce la moins chère de tout l’article, et souvent celle qui se remarque le plus.
  • Glisse un oreiller entre les genoux si tu dors sur le côté. Ça empêche la jambe du dessus d’entraîner le bassin vers l’avant, ce qui empêche la colonne de se torsader, et ça soulage étonnamment le haut de la chaîne.
  • Facilite-toi les mouvements. Une couette qu’on peut rejeter d’un geste, un lit où tu peux te retourner librement, et aucun bras coincé sous l’oreiller. L’idée est de changer de position pendant la nuit, et tout ce qui rend les retournements inconfortables te garde immobile plus longtemps au même endroit.
  • De la chaleur avant de dormir, pas de froid. Pour le mal de nuque ordinaire, raide, douloureux et musculaire, dix minutes de chaleur (une bouillotte cervicale fait très bien l’affaire) sur la nuque et le haut des épaules avant de te coucher détendent suffisamment le muscle pour te laisser t’installer. Le froid, lui, est réservé aux blessures récentes, chaudes et gonflées, ce qui n’est pas le cas de la nuque de la plupart des travailleurs de bureau.

Ce qui s’est passé quand des chercheurs ont filmé des gens en train de dormir#

Presque tout ce qui s’écrit sur les positions de sommeil part du principe qu’on demande aux gens dans quelle position ils pensent dormir, une question à laquelle personne ne peut honnêtement répondre puisqu’on est inconscient pendant qu’on dort. Une équipe a fait les choses correctement. Dans une étude de 2021 publiée dans PLOS ONE, Cary, Jacques et Briffa ont filmé 53 adultes avec des caméras infrarouges pendant deux nuits consécutives, dans leur propre lit, puis ont classé chaque posture tenue une minute ou plus en position sur le dos, sur le côté favorable, sur le côté à risque, ou sur le ventre.

Les personnes qui se réveillaient avec une nuque douloureuse et raide n’avaient pas de position coupable préférée. Ce qui les distinguait, c’était le temps et l’immobilité. Elles passaient en médiane 185 minutes par nuit dans des postures à risque contre 84 minutes pour le groupe témoin, et cumulaient quatre fois plus de longues périodes d’immobilité ininterrompue dans ces postures (une médiane de 2,0 épisodes contre 0,5). Elles changeaient aussi de position plus souvent dans l’ensemble, pas moins, ce qui écarte l’explication simple qu’elles restaient plantées comme des statues. Elles bougeaient beaucoup. Elles restaient simplement bien plus longtemps mal installées quand elles s’arrêtaient.

Ce résultat explique aussi pourquoi le conseil sur la position est réel mais modeste. Une revue de portée de 2019 publiée dans BMJ Open, menée par la même équipe, a conclu que dormir sur le côté était globalement protecteur contre les symptômes rachidiens, tout en notant qu’il n’existait pas assez d’études de bonne qualité pour répondre vraiment à la question. Dormir sur le dos, ce que la plupart des pages recommandent en premier, n’a jamais montré d’avantage mesuré par rapport au côté pour les symptômes cervicaux au réveil. C’est la recommandation par défaut parce qu’elle paraît anatomiquement logique, pas parce que quelqu’un l’a démontré.

Le rayon oreillers ne tient que sur 239 personnes

C’est le point à connaître avant de dépenser quoi que ce soit. Une revue systématique de 2025 publiée dans Rehabilitación est allée chercher les essais sur les oreillers chez les personnes souffrant de douleurs cervicales chroniques. Elle a passé au crible 29 091 références et n’a trouvé que cinq études, couvrant 239 participants en tout. Sur l’ensemble, les scores de douleur s’amélioraient à peine et de façon non significative, les scores d’incapacité étaient incohérents d’une étude à l’autre, et les différences de qualité de sommeil n’étaient pas statistiquement significatives. La conclusion des auteurs est sans détour : des preuves limitées, et aucun type d’oreiller, latex, mousse ou standard, ne montrant de supériorité claire.

Une revue antérieure sur la conception des oreillers avait trouvé un signal en faveur des oreillers en latex, donc la question reste réellement ouverte plutôt que tranchée. Mais en mettant les deux résultats côte à côte, la position honnête est celle-ci : un oreiller qui garde la nuque de niveau vaut la peine d’être acheté, personne n’a jamais démontré de différence entre un bon oreiller à vingt euros et un oreiller à mémoire de forme, et l’assurance de chaque page qui te recommande un modèle précis ne vient pas de la littérature scientifique. Sleep Foundation, le premier résultat sur cette recherche, ouvre avec un bloc intitulé « Nos meilleurs choix de produits ».

Ce que tu peux changerÇa vaut le coup ?Ce que disent les études
Arrêter de dormir sur le ventreOui, en prioritéLa seule position qui maintient la nuque près de sa limite de rotation pendant des heures. Systématiquement associée à plus de symptômes au réveil.
Une hauteur d’oreiller adaptée à la positionOuiGarde la nuque de niveau. Mécaniquement logique et gratuit, même si les essais qui l’étayent restent de petite taille.
Une serviette roulée sous la courbe de la nuqueOui, l’astuce la moins chèreComble le creux qu’un oreiller plat laisse. Ne coûte rien et se règle facilement d’une nuit à l’autre.
Passer à un oreiller cervical ou à mémoire de forme spécifiquePas prouvéCinq essais, 239 personnes, aucun type supérieur et aucun effet significatif sur la douleur ou la qualité du sommeil.
Changer de matelasModeste, mi-fermeUn matelas mi-ferme fait mieux qu’un matelas très ferme pour les douleurs rachidiennes en général. Une grosse dépense pour un effet faible et indirect sur la nuque.
Protéger la qualité du sommeil elle-mêmeOui, sous-estiméLes troubles du sommeil prédisent une douleur cervicale future plus fiablement que l’inverse.
Fractionner la charge statique pendant la journéeOui, sous-estiméLes micro-pauses réduisent l’inconfort dans toutes les zones du corps mesurées pendant le travail sur ordinateur. Agit sur le même mécanisme que la nuit.
Que changer en premier quand on dort avec une douleur cervicale, et ce que chaque changement vaut vraiment.

Comment dormir pour éviter les douleurs cervicales : installer son lit une bonne fois pour toutes#

La liste pour ce soir t’aide à passer la nuit. Voici la version qu’on installe une bonne fois pour toutes et qu’on oublie ensuite, pensée pour ne plus jamais se réveiller comme ça.

  • Prévois deux hauteurs d’oreiller, pas un oreiller parfait. Dormir sur le côté demande à peu près l’épaisseur d’une épaule, dormir sur le dos en demande une fraction. La plupart des gens font les deux dans une même nuit. Un oreiller épais plus un fin, qu’on échange en se retournant, règle plus de choses qu’un seul oreiller, aussi sophistiqué soit-il.
  • Vérifie la hauteur avec ton téléphone, une seule fois. Allonge-toi sur le côté comme d’habitude et demande à quelqu’un de te photographier de face. Si ton nez pointe vers le plafond au lieu de rester droit devant, ou si ta tête plonge vers le matelas, l’épaisseur ne convient pas. Ça prend trente secondes et ça vaut mieux qu’une année à deviner.
  • Arrête d’empiler les oreillers. Deux oreillers plats ne font pas un oreiller épais : ils plient au milieu et poussent la tête vers l’avant, ce qui revient mécaniquement à regarder son téléphone toute la nuit.
  • Un matelas mi-ferme, si tu dois de toute façon en changer. Un matelas mi-ferme soutient mieux la colonne qu’un matelas très ferme pour les douleurs musculo-squelettiques en général. Ça vaut la peine de le savoir pour ton prochain achat, mais ça ne vaut pas la peine d’acheter un matelas rien que pour ça.
  • Ne dors pas dans un fauteuil ou sur le canapé « parce que le lit fait mal ». Une nuit à moitié assis, la tête sans soutien, est le moyen le plus sûr de transformer une mauvaise nuit en une mauvaise semaine.
  • Donne du mouvement à la nuque le matin. Cinq minutes de mouvements doux après le lever, rentrer le menton, rotations lentes, cercles d’épaules, c’est ce qui se rapproche le plus d’une intervention prouvée dans tout ce domaine : la revue Cochrane de 2015 sur l’exercice pour les troubles cervicaux a montré que renforcer la nuque et les épaules aide, alors que les étirements seuls, la plupart du temps, n’aident pas.
Deux cadrans circulaires représentant une nuit, côte à côte. À gauche, un dormeur roulé en boule sur le côté entre deux flèches courbes montrant qu’il se retourne pendant la nuit, à l’intérieur d’un anneau découpé en de nombreux petits arcs frais. À droite, le même dormeur allongé parfaitement immobile avec une lueur rouge au niveau de la nuque, à l’intérieur d’un anneau composé de seulement trois longs arcs qui virent au rouge
Deux nuits, la même position de sommeil, deux réveils opposés. À gauche, le dormeur se retourne sans cesse et la nuit se découpe en courtes séquences ; à droite, la même position est tenue pendant des heures d’affilée, et la nuque en paie le prix. Filmées sur deux nuits, les personnes qui se réveillaient avec des symptômes cervicaux passaient en médiane 185 minutes dans des postures à risque contre 84 pour le groupe témoin, avec quatre fois plus de longues périodes d’immobilité ininterrompue. Même mécanisme qu’une journée de travail : c’est la durée de la charge statique qui compte, pas l’angle.

Comment dormir avec une douleur cervicale qui descend dans le bras#

Tout ce qui précède part du principe d’une douleur cervicale mécanique ordinaire : raide, douloureuse, pire dans un sens, limitée à la nuque et au haut des épaules. Quand la douleur descend au-delà de l’épaule jusque dans le bras ou la main, ou s’accompagne de fourmillements, d’engourdissements ou de faiblesse, il s’agit probablement d’une racine nerveuse irritée (une radiculopathie cervicale) plutôt que d’un muscle fatigué, et les règles pour la nuit changent.

  • Soutiens tout le bras, pas seulement la nuque. La douleur d’origine radiculaire est provoquée par une traction sur le nerf. Un oreiller sous l’avant-bras concerné quand tu es sur le dos, ou serré contre toi quand tu es sur le côté, soulage le nerf du poids du bras, et fait souvent la différence entre deux heures de sommeil et six.
  • Dors sur le côté qui ne fait pas mal, avec le bras douloureux posé sur un oreiller devant toi plutôt que coincé dessous ou levé au-dessus de la tête. Dormir avec le bras au-dessus de la tête est confortable pendant environ dix minutes, et ça se paie cher au réveil.
  • Évite de trop rentrer le menton. Les oreillers empilés qui poussent le menton vers la poitrine rétrécissent les ouvertures par lesquelles sortent les racines nerveuses, exactement la géométrie à éviter ici.
  • Attends-toi à ce que ce soit pire la nuit et mieux en mouvement. Ce schéma est typique de ce type de douleur, et ça vaut la peine de le savoir pour ne pas y voir un signe d’aggravation.

Comment soulager une douleur cervicale qui brûle la nuit

La brûlure est une sensation différente de la douleur sourde, et la distinction est utile. Une douleur sourde, lourde et tendue sur le haut des épaules est musculaire et répond à la chaleur, au mouvement et au temps. Une ligne chaude, brûlante et électrique qui descend en bande le long du bras évoque plutôt une douleur nerveuse, qui répond au positionnement plutôt qu’à la chaleur. Si la brûlure reste dans la nuque et les épaules, traite-la comme musculaire : chaleur avant le coucher, nuque neutre et soutenue, mouvement doux le matin. Si elle descend le long du bras en bande, décharge le bras comme indiqué plus haut, et si elle est toujours là après quelques semaines, ou si quoi que ce soit est réellement faible, c’est un rendez-vous chez le médecin qu’il faut, pas une nouvelle décision d’oreiller.

Pourquoi on accuse la nuit de ce que fait la journée#

Voici le lien que les pages sur le sommeil ne font jamais, et c’est la raison pour laquelle cet article existe sur un site consacré aux pauses. Le mécanisme observé sur ces enregistrements infrarouges, de longues périodes de charge statique sans interruption, ne se produit pas seulement entre minuit et six heures du matin. C’est exactement de ça qu’est faite une journée de bureau. Une revue systématique sur le travail sédentaire et les troubles cervicaux revient sans cesse sur la durée de la posture statique plutôt que sur un angle particulier, et l’étude classique d’Applied Ergonomics sur le travail sur ordinateur a montré que les micro-pauses réduisaient l’inconfort dans toutes les zones du corps mesurées, nuque comprise.

Résultat : une nuque qui a tenu une position pendant huit heures, avec les petits muscles stabilisateurs fatigués et les tissus déjà sensibilisés, se voit ensuite demander de tenir une position pendant huit heures de plus. C’est la nuit qu’on le remarque, ce qui explique pourquoi on accuse l’oreiller. Teste-le sur ta propre semaine : si tes matins raides se regroupent après tes journées d’écran les plus chargées et disparaissent en vacances alors que tu dors sur un matelas moins bon que le tien, la chambre n’a jamais été la variable en cause.

Le levier que personne ne te vend : le sommeil, pas le lit#

Toutes les pages sur cette recherche traitent le sommeil comme la victime de la douleur. Les données de synthèse vont dans l’autre sens, et plus fortement encore. Finan, Goodin et Smith, dans une revue de 2013 publiée dans le Journal of Pain, ont conclu que les troubles du sommeil prédisent la douleur de façon plus forte et plus fiable que l’inverse. Autrement dit, la mauvaise nuit est plus souvent la cause de la douleur de demain que la conséquence de celle d’aujourd’hui.

L’ampleur de cet effet n’est pas négligeable non plus. Une étude longitudinale de trois ans portant sur 2 059 adultes a trouvé qu’un trouble du sommeil précédent était associé à l’apparition de douleurs cervicales avec un odds ratio ajusté de 2,47, et que cette association augmentait avec la durée du trouble du sommeil : 1,86 en dessous d’un an, 3,00 au-delà de deux ans. Ce qui protège ton sommeil fait donc plus pour ta nuque que toute l’étagère d’oreillers, et c’est l’intervention pour laquelle personne n’a rien à te vendre.

Une précision honnête pour les utilisateurs Mac, puisque la question revient souvent : activer Night Shift ne suffira pas à faire ce travail. Dans une étude de 2021 publiée dans Sleep Health00060-7/abstract), 167 jeunes adultes ont été répartis entre une soirée sans téléphone, une soirée avec le téléphone comme d’habitude, ou une soirée avec Night Shift activé, et aucune différence significative n’est apparue sur le sommeil entre les trois groupes. Ce qui a vraiment aidé, chez les participants qui n’étaient pas déjà en manque de sommeil, c’était de ne pas utiliser l’appareil pendant la dernière heure avant le coucher. L’ingrédient actif, ce n’est pas la teinte chaude de l’écran. C’est d’arrêter de l’utiliser.

Quand une douleur cervicale au réveil doit t’amener chez le médecin#

La version ordinaire de ce problème se résout d’elle-même. Une nuque sur laquelle tu as mal dormi va en général bien mieux en quelques jours et disparaît en une quinzaine de jours, sans besoin d’imagerie. Consulte un médecin plutôt que d’acheter un nouvel oreiller si l’un des cas suivants s’applique :

  • Un engourdissement, des fourmillements ou une faiblesse dans un bras ou une main, surtout si tu fais tomber des objets ou n’arrives plus à bien serrer.
  • Une douleur qui te réveille toutes les nuits ou qui est nettement pire allongé que debout, sur plusieurs semaines et non plusieurs jours.
  • Une douleur cervicale apparue après une chute, un accident ou un coup à la tête, qui demande un avis médical le jour même plutôt que d’attendre.
  • Aucune amélioration après deux à trois semaines des changements ci-dessus, ou une douleur qui empire régulièrement au lieu de se calmer.
  • De la fièvre, une perte de poids inexpliquée, des sueurs nocturnes, ou des antécédents de cancer en même temps qu’une nouvelle douleur cervicale.
  • Une nuque raide avec de la fièvre, un mal de tête sévère, une éruption cutanée ou une gêne à la lumière vive, qui nécessite des soins urgents dès aujourd’hui : réunis, ces signes peuvent évoquer une méningite.
  • Tout problème de contrôle de la vessie ou des intestins, ou une instabilité en marchant, en même temps que des symptômes cervicaux.

Le contexte rassurant : se réveiller avec une nuque raide est extrêmement courant, la plupart des épisodes se résolvent d’eux-mêmes, et une douleur cervicale qui se comporte mécaniquement (mieux avec le mouvement, pire dans un sens, sans symptôme dans le bras) ne s’avère presque jamais préoccupante. Cet article est une information générale, pas un avis médical.

Questions fréquentes

Quelle est la meilleure position pour dormir avec une douleur cervicale ?
Dormir sur le côté et dormir sur le dos sont deux options raisonnables, et c’est la position sur le ventre qu’il faut abandonner, car elle maintient la nuque tournée près de sa limite de rotation pendant des heures. Une revue de portée de 2019 a trouvé que dormir sur le côté était globalement protecteur contre les symptômes rachidiens, alors que dormir sur le dos n’a jamais montré d’avantage mesuré, bien que ce soit la recommandation habituelle en premier. Ce qui compte plus que le choix, c’est que ta nuque reste de niveau avec ta colonne quelle que soit la position choisie, et que tu puisses changer de position pendant la nuit plutôt que de rester immobile dans une seule position.
Comment dormir avec une douleur cervicale qui descend dans le bras ?
Quand la douleur descend de la nuque jusque dans le bras, ou s’accompagne de fourmillements, soutiens le bras autant que la nuque. Allonge-toi sur le côté sans douleur avec le bras concerné posé sur un oreiller devant toi, ou sur le dos avec un oreiller sous l’avant-bras, pour que le poids du bras ne tire pas sur le nerf. Évite les oreillers empilés qui poussent le menton vers la poitrine, et évite de dormir avec le bras au-dessus de la tête. Si l’engourdissement est constant, ou si quoi que ce soit est réellement faible, consulte un médecin plutôt que de continuer à ajuster le lit.
Comment soulager une douleur cervicale nerveuse la nuit ?
Retire la charge du nerf plutôt que d’essayer de détendre le muscle. Positionne le bras concerné sur un oreiller pour qu’il soit entièrement soutenu, garde la nuque neutre plutôt que rentrée ou en extension, et utilise une hauteur d’oreiller qui garde le nez aligné avec le sternum quand tu es sur le côté. La chaleur aide la douleur musculaire mais fait peu pour la douleur nerveuse, donc si la chaleur ne change rien, c’est une information en soi. Une douleur cervicale d’origine nerveuse qui ne s’améliore pas après deux à trois semaines, ou qui s’accompagne de faiblesse, doit être évaluée plutôt que gérée à la maison.
Comment soulager une douleur cervicale qui brûle ?
Détermine d’abord si la brûlure reste dans la nuque et les épaules ou si elle descend dans le bras. Une brûlure limitée à la nuque et au haut des épaules est en général musculaire : chaleur avant le coucher, nuque neutre et soutenue pendant la nuit, et mouvement doux le matin aident tous les trois. Une brûlure qui descend en bande le long du bras évoque plutôt une douleur nerveuse, et s’améliore quand on décharge le bras avec un oreiller plutôt qu’avec de la chaleur. Dans tous les cas, si ça ne bouge pas après quelques semaines, ou s’il y a une faiblesse ou un engourdissement constant, fais-le examiner.
Comment dormir pour éviter les douleurs cervicales dès le départ ?
Installe ton lit une bonne fois pour toutes : deux hauteurs d’oreiller plutôt qu’un seul oreiller de compromis, une serviette roulée dans la taie pour combler le creux sous la nuque, un oreiller entre les genoux si tu dors sur le côté, et pas d’empilement. Ensuite, traite la journée comme faisant partie de la réponse. Ce qui a réellement été mesuré chez les personnes qui se réveillent avec des symptômes cervicaux, ce sont de longues périodes de charge statique ininterrompue, et une journée de bureau, c’est exactement huit heures de ça. La fractionner régulièrement, et protéger la qualité de ton sommeil, font tous les deux plus que n’importe quel achat d’oreiller.
Un oreiller cher vaut-il le coup pour une douleur cervicale ?
Probablement pas, selon les données actuelles. Une revue systématique de 2025 a passé au crible 29 091 références et n’a trouvé que cinq essais couvrant 239 participants en tout. Les améliorations de la douleur étaient faibles et non statistiquement significatives, les résultats sur l’incapacité étaient incohérents, les différences de qualité de sommeil n’étaient pas significatives, et aucun type d’oreiller, latex, mousse ou standard, ne surpassait les autres. Un oreiller qui garde la nuque de niveau vaut la peine d’être acheté. Le modèle précis, au vu de ce qui a été démontré jusqu’ici, n’est pas quelque chose sur quoi dépenser beaucoup.
Combien de temps dure une nuque raide après une mauvaise nuit ?
La plupart des épisodes s’atténuent nettement en quelques jours et disparaissent en une à deux semaines. Bouger doucement la nuque accélère les choses plus que la mettre au repos, ce qui est l’inverse de l’instinct de la plupart des gens. Si ça ne va pas mieux après deux à trois semaines, si ça revient tous les quelques semaines, ou si ça s’accompagne de symptômes dans le bras, de fièvre, ou fait suite à une blessure, c’est le moment de le faire examiner plutôt que d’attendre encore une fois.

Sources et lectures complémentaires

  1. Cary, Jacques & Briffa, Examining relationships between sleep posture, waking spinal symptoms and quality of sleep, PLOS ONE (2021)
  2. Cary, Briffa & McKenna, Identifying relationships between sleep posture and non-specific spinal symptoms in adults: a scoping review, BMJ Open (2019)
  3. Ghosh, Goyal & Goyal, Effect of pillow on pain, disability and sleep quality in patients with chronic neck pain: a systematic review, Rehabilitación (2025)
  4. Finan, Goodin & Smith, The Association of Sleep and Pain: An Update and a Path Forward, Journal of Pain (2013)
  5. Yabe et al., Sleep disturbance is associated with neck pain: a 3-year longitudinal study, BMC Musculoskeletal Disorders (2022)
  6. Gross et al., Exercises for mechanical neck disorders, Cochrane Database of Systematic Reviews (2015)
  7. McLean et al., Computer terminal work and the benefit of microbreaks, Applied Ergonomics (2001)
  8. Guduru et al., The Ergonomic Association between Shoulder, Neck/Head Disorders and Sedentary Activity, Journal of Healthcare Engineering (2022)
  9. Ricketts et al., Does iPhone night shift mitigate negative effects of smartphone use on sleep outcomes?, Sleep Health (2021)
  10. NHS: Neck pain and stiff neck

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